Le « mariage pour tous » ? Un combat idéologique dépassé

Trouvé sur lemonde.fr :

« Alors que l’union libre se trouve aujourd’hui et pour la première fois de l’histoire représentée au sommet de l’Etat, n’y a-t-il pas quelque chose de saugrenu à faire s’opposer ceux qui sont pour et ceux qui sont contre « le mariage pour tous » alors qu’il s’agit d’idéologies l’une comme l’autre dépassées ? » Un lecteur psychanalyste met le projet de loi sur le divan…

Le concept de mariage, une référence historique

Si la société et la famille ont bâti leurs fondements sur la transmission, c’est pour offrir à l’homme la possibilité de dépasser sa fin et se rêver éternel… C’est à partir de là, dans un rapport de miroir, que famille et société se sont constituées pour transcender la mort.

A la famille comme machine à procréer, la société attribuait la sexualité qui se devait d’être interdite hors mariage. Le mariage était le pivot d’un système qui permettait de transgresser l’interdit de la sexualité, il allait même plus loin, puisqu’il faisait de la sexualité interdite hors mariage, une obligation dans le mariage : le devoir conjugal qui, par la procréation, assure la pérennité de la famille comme de la société.

Transgresser l’interdit dans les règles, dans toutes les sociétés, c’est la fonction du sacré. Les liens entre la sexualité et le sacré vont plus loin, à l’origine, la prostitution était elle aussi sacrée. Les temples indiens où foisonnent les scènes érotiques en témoignent encore aujourd’hui. A Babylone, les femmes stériles trouvaient dans la société une place sacrée, elles servaient dans le temple dédié à la déesse de la fertilité et devenaient les épouses de tous. Libérées de la procréation utilitaire, elles pouvaient devenir expertes en érotisation, déesses du désir. On sait que des lieux destinés à la prostitution existaient dans le premier temple de Jérusalem, puisque c’est le roi Josias qui, en 630 av. JC, les supprima.

Le mariage a toujours été plus du côté de la religion que de celui de la république, qui n’a fait qu’en hériter à la révolution. Un héritage dépassé depuis que l’interdit de la sexualité hors mariage s’est trouvé lui-même dépassé.

L’interdit sexuel hors de la famille, qui fait de la famille un lieu sexué, imposait une autre loi fondamentale toujours nécessaire : l’interdit de l’inceste, qui oblige le groupe familial à s’ouvrir à l’exogamie, la base de toute société.

Le mariage, un archaïsme au vingt-et-unième siècle (suite)

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